De generation en Generation…
An 70, destruction du second Temple par les romains. Premier exil.
Tafilalet, quelque part entre ciel et desert.
Pour la grande famille des Charbit, c’est la aux confins du Maroc et du Sud Algerien que tout a commence. Les frontieres d’alors, imprecises se lisent sur la ligne des dunes et sur les cretes desolees, traversees de profonds ravins ou temoigne, seule, la pierre brulante des oueds. Depuis des siecles, les hommes de ces contrees se jouent de ces barrieres naturelles.Il faut compter sur l’oeil exerce du guide ou du caravanier pour eviter les pieges mortels qui jalonnent l’unique piste au milieu d’une nature hostile vouee a la gloire des sables immuables et de la roche nue . Le jour arrive ou la decision est prise de monter vers le Nord ou sont installes les Francais, les nouveaux maitres de l’Algerie. Ceux la meme qui vont leur octroyer un magnifique cadeau ; la citoyennete francaise et en prime les bancs de l’ecole de la Republique. Les juifs vont vite s’y sentir en securite quant a revenir a leur ancien statut de dhimi impose par le Bey d’Alger, emanation du pouvoir Turc et les petits seigneurs locaux : le choix est facile ! Saida, l’heureuse, ainsi la nomme les Arabes, bientot son nom sonnera comme celui d’une charmante petite ville francaise aux allures de sous-prefecture.
Entre joies et douleurs
Des images qui s’entrecroisent comme autant de souvenirs glanes aupres de Meme et de Maman. Lentement apparait le Vieux-Saida, oasis de paix et de fraicheur troublee seulement du doux bruit de l’eau, des rires des enfants et des you-you joyeux des femmes qui repondent en cascades. Court repit alors que resonnent les sirenes du depart, l’arrachement a la terre natale et les tombes de tous ces chers disparus que l’on laisse derriere soi… et le son du houd et des darboukas qui ne s’eleveront plus dans les allees du petit cimetiere juif pour feter la grandeur de Rabbi Meir et de Rabbi Chimrhon Bar Yorhai. On vogue vers l’inconnu tenter une difficile integration de l’autre cote de la Mediterranee. La France, cette patrie genereuse mais qui a pris la facheuse habitude de ne pas se trouver toujours au rendez-vous de ses enfants meurtris. les Pieds noirs , selon le terme en vigueur depuis leur arrivee. Deuxieme exil.
Le temps qui passe qui seul panse les blessures les plus profondes. On le croit et on se met a esperer de nouveau. D’ailleurs quel symbole reconfortant que ces naissances a venir sur la bonne terre de France. on s’installe profondement et les cicatrices du passe deviennent des armes pour se forger des reussites, des vies exemplaires. 1970-1980 voila le credo adopte par l’immense majorite de la communaute juive. Pourtant de vieux fantomes rodent a nouveau avec l’arrivee de le Pen dans le paysage poltique qui joue avec le vieux fond d’antisemitisme qui traine dans les zones obscures d’une certaine ideologie francaise. Attention, quelques annees plus tard, le leader d’extreme droite va s’averer comme l’arbre qui cache la foret et seul un observateur avise de la societe francaise pourra pointer ce tournant important et gravissime pour les Juifs. Octobre 2000, seconde intifada et un antisemitisme deguise en antisionisme mais les deux ne font qu’un, va soudain envahir les rues de l’exagone, s’imposer dans la plupart des banlieues. Si l’on rajoute le lachage des politiques et le lynchage mediatique auquel est confronte l’etat d’Israel, on trouve une communaute juive qui peine a reagir, s’interrogeant sur son devenir, plongee dans l’angoisse aujourd’hui. Malheureusement il faut bien vite se rendre a l’evidence aucun signe d’apaisement ne vient contredire cette irruption et cet enracinement du fait antisemite dans la France de 2010
Une generation s’en va, une autre lui succede (…) >
Jerusalem, Octobre 2010
C’est un Nom que l’on refuse de voir disparaitre dans la nuit de l’oubli et qui ressussite et vit dans la Jerusalem retrouvee. Il vit par eux et par nous et si Dieu le veut pour une ribambelle d’enfants en devenir, ceux la de veritables sabras fiers et plein de vie.
Ephraim et Kamrha, leurs enfants Albert, Jacob, David, Joseph, Salomon. Laurette et Hanna, puisse les generations qui grandiront sur cette terre perpetuer votre memoire en ecrivant sur les collines de Judee, les plaines du Dan et du Sharon, les vertes hauteurs de Gallilee et jusqu’aux sables du Neguev une page nouvelle dans le livre jamais ferme des Charbit. Fin de l’exil.
yacov charbit ( sur l’autre rive )
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