Tahor ( pur )
Matin d’hiver sur Yaffo, un temps triste, un ciel charge en nuages mais qui hesite encore entre averse franche et eclaircies. Mais n’est pas ainsi que bat parfois le coeur des hommes ? . C’est a cet instant qu’elle a surgit. Une jeune femme grande et belle, sa tenue d’aspect stricte la range dans la tendance orthodoxe de la population, Elle avance d’un pas leger au milieu du troitoir et son allure renvoit a je ne sais quoi de princier et d’emouvant a la fois. Elle a croise rapidement mon chemin mais j’ai le temps d’apercevoir un large sourire sur son beau visage. Pendant un instant je me dois de le confier, je n’ai pas saisi ce qui se tramait la. J’avais depuis longtemps depasse le Shouk Marhane Yehouda quand soudaim ma memoire est venue a mon secours. La jeune femme croisee sur Yaffo n’etait pas une etrangere pour moi. Je pouvais enfin relier la rencontre de ce matin a la lecture, il y a quelques annees, d’un magnifique poeme de Heinrich Heine. L’auteur y decrit avec talent et emotion la beaute et la grandeur des sentiments qui s’expriment chez une jeune fille juive. A l’epoque cela evoquait pour moi indiscutablement l’innocence confrontee a la folie meutriere de nos bourreaux aux heures sombres de l’histoire du Peuple Juif. C’etait a cela a nouveau, mais pas seulement que j’etais convie l’espace d’un court instant. Poser sur les traits de cette demoiselle les vers tellement touchants de Heine, quel hommage sacre , intemporel et eternel a la femme Juive, Ce matin d’hiver au coeur de Jerusalem, je restais partage et indecis comme l’etait le ciel tourmente au dessus de nous, Ce sourire synonime d’amour de la vie et oh combien, symbole de la jeunesse de ce pays m’allait droit au coeur. Pourtant je ne pouvais taire en moi le souvenir de la barbarie des hommes qui n’avaient pas voulu lire sur tant de visages identiques de nos femmes un appel a la clemence et a la pitie.
( Yacov Charbit. sur l’autre rive. )
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